Dans un courrier adressé la semaine dernière à Marie-Arlette Carlotti, Ministre déléguée auprès de la Ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, j’ai souhaité l’interpeller concernant la situation de l’ASDM La Couronnerie, association du Loiret qui s’adresse aux personnes en situation de handicap (80 enfants/adolescents et près de 150 adultes) à travers différentes structures : IME, CFPERM, ESAT, Foyer d’hébergement, SAVS, SAMSAH et SSO et qui emploie 300 salariés (dont 93 travailleurs handicapés en entreprise adaptée et 99 en ESAT). Ces établissements sont implantés sur les communes d’Olivet, d’Orléans, de St Hilaire St Mesmin et de St Pryvé St Mesmin (dans le Loiret).
Un collectif, formé par des salariés des différents établissements, m’a sollicité pour les soutenir face aux difficultés rencontrées.
Les salariés osent aujourd’hui remettre en question la légitimité du Président de l’association, Monsieur PERRAULT, mais également celle de Monsieur BORDAT Jean-François, aujourd’hui en tant que Délégué Général par intérim. Le Conseil d’Administration a décidé de faire appel à candidature d’un nouveau directeur général prochainement.
Le Président attribue les difficultés financières de l’association à « un mauvais coup » de la Banque et de l’ARS. Les salariés pensent différemment : ils dénoncent une mauvaise gestion de l’association depuis de nombreuses années, un manque de transparence et se questionnent sur des abus de dépenses et de l’argent utilisé à des fins personnelles.
En 2008, une première dénonciation d’abus de biens sociaux a été engagée à l’encontre de Monsieur PERRAULT et Monsieur BORDAT par Madame FALLER Monique (ancienne maire d’Olivet) à l’époque élue du Conseil d’Administration de la Couronnerie et retraitée de son poste d’assistante sociale de cette même association. L’affaire semble avoir été classée sans suite.
Un audit de la Préfecture vient d’être réalisé. Les salariés souhaiteraient néanmoins qu’une enquête officielle puisse être diligentée auprès des comptables et ex-comptables de l’association, ce qui, à ce jour, n’a jamais été fait.
Toutefois, des questionnements demeurent :
- L’association, avec les déficits qu’elle affiche, pouvait-elle se permettre de financer un conseiller de direction (Monsieur BORDAT de juin 2012 à février 2013) à 40% avec voiture de fonction, carte bancaire associée, i-phone et peut-être mutuelle ?
- Pourquoi l’association a-t-elle fait le choix de supprimer un poste d’ergonome (25 %) à l’ESAT, de ne pas remplacer les arrêts maladie ou les départs sur les autres structures avant d’envisager de remettre en question le train de vie des cadres ? L’accompagnement des personnes handicapées a-t-elle moins d’importance que le maintien du niveau de vie de la direction?
L’intérêt clairement affiché de Monsieur PERRAULT et Monsieur BORDAT pour l’entreprise adaptée interpelle les salariés.
- Pourquoi les établissements médico-sociaux attendent-ils toujours du matériel (tables, chaise de douche, voitures de service) alors que des frais importants sont engagés au sein de l’entreprise ?
La direction a longtemps parlé de lignes budgétaires. Néanmoins, quand l’association est en difficultés, notamment pour des raisons conjoncturelles, elle dit à ses salariés que le déficit du pôle adulte ne permet plus de pallier les difficultés du pôle enfant. Il ne doit donc pas y avoir tant de frontières que ça pour permettre un rôle de soutien des structures entre elles avant de solliciter des fonds publics.
Au regard des salariés, la politique de gestion de l’association menée par Monsieur BORDAT et Monsieur PERRAULT semble effectivement prioriser l’entreprise adaptée au détriment de l’ensemble des établissements médico-sociaux. Ce qui les amène aussi à la question suivante : Comment l’association peut-elle être gérée aujourd’hui par des personnes qui n’ont pas les compétences et la connaissance des législations qui régissent les établissements médico- sociaux ?
Cette question est d’autant plus vraie depuis le licenciement de Madame AUBER Virginie en mars 2013 au poste de Directrice Générale, seule titulaire du CAFDES ?
Le principal quotidien du Loiret, La République du Centre, reprend exclusivement la voix de Monsieur BORDAT Jean François. Les salariés n’ont jamais pu faire entendre leur voix. Pourquoi ?
Le conciliateur de justice a été nommé, sans surprise pour le bureau, qui les assurait de l’issue favorable de leur requête bien avant toute décision du juge.
Avant même de penser à leurs salaires, ce que craignent les salariés, c’est que l’argent de l’association ne soit pas utilisé dans l’intérêt des usagers et travailleurs. Ils sont inquiets pour la pérennité de l’association dans ces conditions.
Enfin, ils insistent bien sur l’importance de défendre une éthique, des valeurs.
Allons-nous laisser La Couronnerie devenir juste une entreprise, qui ne pense qu’à faire des bénéfices, ou allons-nous défendre les valeurs du médico-social et montrer à ces salariés que le sort des personnes en situation de handicap nous préoccupe ?
A travers ce courrier, je souhaite que la ministre examine attentivement cette situation qui inquiète au plus haut point les salariés de la Couronnerie.
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